Le candidat Nicolas Sarkozy l’a répété inlassablement : il voulait tout dire avant pour pouvoir tout faire après. Nous y sommes. L’heure n’est plus à la multiplication des promesses, mais à leur application.
Quand il annonce, dans Les Echos du 24 mai, que le crédit d’impôt au profit des emprunteurs immobiliers s’appliquera aux prêts consentis pour l’achat d’une résidence principale dont l’acte authentique de vente aura été signé après le 6 mai, le ministre du Budget et des Comptes publics croit bien faire. Il veut, par cette précision, éviter l’attentisme des acheteurs. Mais il va doucher leur enthousiasme.
Car il dit exactement le contraire de ce qu’affirmait, sans laisser la moindre part d’ombre, Nicolas Sarkozy pendant la campagne : tous les emprunts étaient concernés, même ceux contractés avant l’élection.
Qui faut-il croire, le Sarkozy d’hier ou celui d’aujourd’hui ? Qui faut-il croire, ce conseiller du président de la République, qui prévient : « Cela ne se fera pas comme ça, c’est politiquement impossible. Les Français ont entendu des choses pendant la campagne électorale ; si la ligne présentée n’est pas tenue, le retour de bâton sera terrible » ?
Ou cet autre conseiller élyséen, qui explique : «Cette date du 6 mai est plausible, le degré de rétroactivité de la mesure est encore en cours de discussion » ?
Le 29 mai, Nicolas Sarkozy a tranché : tous les emprunts seront finalement concernés. La restriction avancée par Woerth était doublement fâcheuse. D’une part, elle limitait le bénéfice d’une mesure populaire, les autres dispositions prévues dans ce premier « paquet fiscal », qui doit être discuté par le Parlement en juillet, étant concentrées sur les plus aisés, voire les très riches (bouclier fiscal, ISF, droits de succession...). D’autre part, elle contredisait une promesse présidentielle de manière flagrante. Premier reniement présidentiel ? Ou erreur –parmi d’autres – du candidat, qui aurait mal soupesé le poids (financier) de ses propos durant la campagne ?
Le 28 mai, Matignon regrettait que «Woerth soit allé trop vite ». « François Fillon lui a clairement dit que son message était prématuré », indiquait un proche du chef du gouvernement, sans vouloir accabler le ministre : « Tout le monde a besoin d’un délai de calage ». Mais le nouveau ministre du Budget laissait entendre que la date n’avait pas été avancée au hasard. Elle avait été réaffirmée, le 26 mai, par Christine Boutin, ministre du Logement, interrogée par Europe 1.
Ce calendrier correspondait d’ailleurs à l’objectif proclamé : inciter à l’achat immobilier. Le coup de pouce à des acquisitions déjà réalisées ne se justifiait donc pas, sauf... que cela correspondait à l’engagement présidentiel. La logique économique s’y retrouvait, mais la morale politique s’y perdait.
Un autre dossier illustre le difficile passage de la théorie à la pratique : le régime des heures supplémentaires. Promesse – lancinante – de Nicolas Sarkozy durant la campagne : exonérer d’impôt sur le revenu et de charges sociales (patronales et salariales) toutes les heures réalisées audelà des 35 heures légales. Ce très complexe Meccano posait un problème constitutionnel, on le savait.
Jean-Louis Borloo, le nouvel hôte de Bercy, a découvert un autre souci, financier celui-là. Il en a fait part au Premier ministre lors d’une réunion, le 25 mai, à Matignon. Les participants ont souri de voir le pourfendeur des technocrates endosser si vite le costume de Bercy. Mais si les exonérations au profit des salariés ne sont pas remises en question, celles qui sont destinées au patronat ne vont plus de soi. Elles sont désormais soumises à l’arbitrage du chef de l’Etat.
L’instauration d’un service minimum dans les transports publics fournit un troisième exemple : là, le recul est emballé dans une bonne dose d’habileté politique. Déjà, le candidat avait assoupli sa position de départ, très martiale, qui promettait une loi « dès l’été ». Dans son interview à L’Express du 29 mars, il disait : « Si les partenaires sociaux me proposent une meilleure solution, contractuelle... pourquoi pas ? » Ces derniers temps, Nicolas Sarkozy alternait la menace de la loi et la caresse de la négociation. Ce sera donc les deux !
Le président a annoncé, le 25 mai, aux partenaires sociaux, qu’une loi-cadre imposerait aux entreprises de négocier la prévention des conflits, mais qu’elle organiserait aussi les conditions du trafic les jours de grève. Toutefois, la confrontation avec les syndicats serait évitée : l’obligation d’assurer la continuité du service public s’adresserait aux collectivités locales.
On ne pourra peut-être pas en dire autant de la confrontation entre ministres. Ceux qui s’occupent des affaires économiques et sociales ne cessent de s’observer et de mesurer leurs forces. Ainsi, Jean-Louis Borloo, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, a élargi son territoire : c’est lui qui présentera l’ensemble des mesures fiscales discutées en juillet, alors qu’à l’origine il devait se contenter du seul dossier des heures supplémentaires. Confiée dans un premier temps à Xavier Bertrand, ministre du Travail, la fusion de l’ANPE et de l’Unedic devrait finalement être attribuée à Borloo, qui, sur ce dossier, n’était pas très demandeur. A l’Elysée, une demi-douzaine de conseillers devraient être chargés de l’économique et du social. D’arbitrer les litiges et de surveiller les frontières.
il va etre tres vite dans la m....!
les premiers couacs...
les premiers couacs...
DEBOUT..................NOUS VAINCRONS
Re: les premiers couacs...
Danisiam a écrit :il va etre tres vite dans la m....!
Je ne le pense pas.
Il divise ses ministres pour mieux régner.
Et ce sont eux qui sont chargés d'annoncer les mauvaises nouvelles, pas lui.
Il est le gentil, les ministres sont les méchants.
Ainsi, sa cote de confiance pourrait résister.
Ne croyez pas qu'il va s'effondrer rapidement, que nous n'avons qu'à attendre en nous frottant les mains.
Il est diaboliquement habile.
Ce sera probablement long et difficile.
Errare humanum est, perseverare diabolicum.
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
Re: les premiers couacs...
Miroir a écrit :Ne croyez pas qu'il va s'effondrer rapidement, que nous n'avons qu'à attendre en nous frottant les mains.
Si, si. Mais on ne doit pas se contenter dattendre, il faut agir et ouvrir les yeux de ceux qui ne sont pas capable de le faire d'eux-même : les moutons.
"Les peuples ne devraient pas avoir peur de leurs gouvernements. Les gouvernements devraient avoir peur du peuple"
Je pense comme Miroir. Ce type fait beaucoup de bruit et ça marche. Il brasse beaucoup d'air. On ne voit que lui, il est partout. Le moindre petit truc qu'il fait est grossi pour que les français ne voient plus que ça. Il parle beaucoup. Il joue beaucoup avec les mots et les moutons y croient. Son lavage de cerveau fonctionne. Je ne serais pas étonnée même qu'il y ait du subliminal là-dedans.
Le temps que les français se rendent compte qu'ils sont devant un théatre de marionnettes, il faut un sacré bout de temps. Ils se réveilleront un jour en se demandant pourquoi y'a toujours rien dans leur portefeuille et en regardant autour d'eux ils se demanderont à quel moment ils ont été encerclés.
Le temps que les français se rendent compte qu'ils sont devant un théatre de marionnettes, il faut un sacré bout de temps. Ils se réveilleront un jour en se demandant pourquoi y'a toujours rien dans leur portefeuille et en regardant autour d'eux ils se demanderont à quel moment ils ont été encerclés.
Vous etes optimiste envers les moutons, j'ai bien peur que tres peu se reveillent, je pensent même qu'ils vont etre encore pire que ce qu'ils sont actuellement.
Ils sont nourrient quotidiennement par la télé avec des programmes totalements abrutissants et le pire c'est qu'ils en sont completement accros.
Ils sont nourrient quotidiennement par la télé avec des programmes totalements abrutissants et le pire c'est qu'ils en sont completement accros.
Gerard a écrit :Vous etes optimiste envers les moutons, j'ai bien peur que tres peu se reveillent, je pensent même qu'ils vont etre encore pire que ce qu'ils sont actuellement.
Ils sont nourrient quotidiennement par la télé avec des programmes totalements abrutissants et le pire c'est qu'ils en sont completement accros.
Tout dépendra de leur porte-monnaie. J'entends par là leur petit confort.
Cleo a écrit :Gerard a écrit :Vous etes optimiste envers les moutons, j'ai bien peur que tres peu se reveillent, je pensent même qu'ils vont etre encore pire que ce qu'ils sont actuellement.
Ils sont nourrient quotidiennement par la télé avec des programmes totalements abrutissants et le pire c'est qu'ils en sont completement accros.
Tout dépendra de leur porte-monnaie. J'entends par là leur petit confort.
Pour ce qui est de l'économie, si Sarko mène quelques réformes, notamment s'il s'attaque à la mauvaise graisse qui mine la productivité de la sphère publique, la situation s'améliorera un peu. (cf ce qu'a fait Merkel) Cela m'inquiète un peu pour les futures consultations. Ceci étant, je souhaite bien sûr que tous ceux qui sont dans une situation difficile connaissent des lendemains meilleurs.
Profondément, je crois que confort économique et propension à voter pour le système sont très liés. Suffit de se rappeler que Le Pen est très haut chez les ouvriers et les chômeurs, alors même qu'il est très bas chez les cadres supérieurs. La raison est simple: les premiers subissent la promiscuité avec les
Dernière édition par Franz le 24/07/2007 - 20:59, édité 1 fois.
"Les Français sont les héritiers d'un patrimoine immense. Parce que les générations qui les ont précédés ont travaillé et lutté. Ce qui fait la différence à mes yeux entre un étranger, si respectable et sympathique soit-il, et un Français, si misérable soit-il, c'est qu'il a des droits parce qu'il est un héritier", JMLP
Qui est en ligne ?
Utilisateurs parcourant ce forum : Bing [Bot] et 1 invité