Au sujet de la francisation et défrancisation des cadres algériens formés à l'Université française et considérés comme un danger pour l'identité nationale algérienne :
Premier traumatisme trop peu souvent rappelé, l'Algérie est un pays « orphelin de langue ». Le mouvement d'arabisation, légitime mais conduit de manière hâtive, a favorisé l'enseignement d'un arabe classique qui ne correspond pas à la langue parlée par la majorité de la population.
La langue perdue
Mohamed Benrabah*
* Université d'Oran, Algérie.
Les causes de la crise qui secoue actuellement l'Algérie sont multiples, et pour les cerner il serait nécessaire de faire appel à plusieurs disciplines à la fois. Cependant, il est un domaine qui pourrait fournir des éléments de réponse et qui se rapporte à la perception qu'a l'Algérien de lui-même. Dans le présent article nous tâcherons de comprendre, à travers la politique linguistique qui domine depuis l'indépendance en 1962, cette perception de soi des décideurs algériens qui ont réfléchi et mené cette politique.
Au début des années 1970, les relations entre la France et l'Algérie étaient marquées par une crise née de la nationalisation des hydrocarbures par le gouvernement algérien. Puisque la France boycottait le pétrole algérien, la politique d'arabisation allait être accélérée pour contrer la langue française. Il fallait montrer à la France que la lutte continuait sur le plan culturel8. Sans moyens, l'Algérie allait s'embarquer dans une entreprise suicidaire. Quand le président Boumediene s'en rendit compte en rappelant Mustapha Lacheraf – partisan du bilinguisme et d'une arabisation progressive – comme ministre de l'Éducation en avril 1977, il était déjà trop tard.
Ainsi, des enseignants dotés d'une grande expérience et de valeurs morales allaient être remplacés par des « moniteurs » dont le seul mérite était de connaître passablement l'arabe classique acquis à l'école coranique. Plus tard, avec l'arabisation de l'université au début des années 1980, beaucoup de ces « moniteurs » allaient se retrouver comme enseignants dans les instituts de sciences humaines.
Au lieu de tirer profit du « butin de guerre » qu'était la langue française, les décideurs algériens allaient jouer le jeu de l'ex-colonisateur.
Le potentiel acquis durant cent trente années, qui avait débouché sur la naissance de la conscience nationale et sa réalisation, allait être purement et simplement détruit par deux décennies d'une politique linguistique irresponsable. Le résultat est bien triste. Les Algériens ne sont plus ces êtres « capricieux » auxquels la France était souvent obligée de « céder ». C'est en dominant la langue et la culture du colonisateur que des Mohamed Benyahia, Krim Belkacem et autres Rédha Malek ont réussi à faire plier la France sur bien des points durant les pourparlers de paix à Évian et même au lendemain de 1962.
Les générations qui sortent de nos jours de l'école algérienne ne maîtrisent plus aucune langue. Quelle revanche pour la France des colonisateurs
En Algérie, la politique d'arabisation à orientation islamique a engendré l'échec sur le plan éducatif et professionnel et a, par là même, gonflé les rangs du fondamentalisme religieux25.
Ce sont surtout ceux que l'on appelle les « arabophones » qui supportent le projet intégriste et pour preuve nous citerons le cas de la quasi-majorité des journaux en langue arabe ainsi que des écrivains qui auparavant se targuaient de « progressisme ».
Les adversaires des intégristes musulmans algériens sont représentés par la « minorité utile » de francophones qui forment la majorité du pôle républicain moderniste.
C'est d'ailleurs dans les rangs de cette catégorie que l'on compte le plus grand nombre de victimes, intellectuels et journalistes assassinés par les « fous de Dieu ». L'introduction de l'anglais au primaire découle également de cette volonté d'éliminer progressivement la langue française et ainsi de couper l'herbe sous les pieds des francophones pour s'en débarrasser une bonne fois pour toutes en empêchant toute relève. Le primat de la langue de Shakespeare est une revendication des islamistes et son acceptation par le pouvoir en place est une concession à leur égard.
Par conséquent, la « purification linguistique » n'est pas une simple opération de « nettoyage » de mots d'emprunt, mais bien un instrument d'exclusion : l'exclusion d'une élite pour la remplacer par une autre et/ou souvent l'exclusion du peuple. Mohamed Benrabah
http://www.esprit.presse.fr/review/arti ... code=10702A toutes ces victimes de culture francophone,démises de leur fonction, il faut ajouter les assassinats ou déportations en camps d'intellectuels au lendemain du coup d'état de janvier 1992. majoritairement francophones et haïes par les petits chefs fous de Dieu.
http://www.algeria-watch.org/fr/mrv/mrv ... igence.htmDans un autre topic je parlais de "loyauté que nous devrions exiger de la part de ceux qui sollicitent la nationalité française.
Je me promène sur le site suivant et principalement le sujet des massacres et disparitions forcées ou internements en déportations de civils algériens période 1992 - 2006 , c'est effrayant, la barbarie continue,
et personne ne peut dire qui sont les responsables, voyez plutôt :
http://www.algeria-watch.org/fr/mrv/chrono/2008.htm (cliquez sur une année au hasard, colonne de gauche)
De tous ces algériens qui ont demandé l'asile politique à la France, on ignore de quel bord ils étaient, s'ils
étaient menacés par les islamistes du FIS ou par l'armée algérienne et sa police....